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AVENUE WALTER STUCKI

Enclave Bucolique

Aux beaux jours s’y ébattent des oiseaux d’ornement : cygnes, oies et canards. Une serre et un logement pour le gardien finalisent cet aménagement paysager caractéristique, fin XIXe début du XXe siècle, qui borde la rue Walter-Stucki et ses villas cossues.

enclave

Bucolique

A la création du parc Napoléon III, l’actuelle rue Stucki fut nommée Route Thermale n° 7 puis, en août 1883, Avenue des Cygnes en référence aux bassins et à ses oiseaux d’ornement. En octobre 1944, elle change  de nom, car Vichy rend hommage à Walter Stucki, à qui la ville doit d’avoir été sauvée de la destruction par les Allemands. L’ambassadeur Suisse a résidé, villa Ica, de juillet 1940 à août 1944.
Bordé par  le parc Napoléon III, la rue Stucki aligne une série d’une dizaine de villas construites fin XIXe, début du XXe, notamment par les architectes Percilly, Driffort ou Simon. Elles égrènent leur style  architectural différent et leurs noms : « Les saules », « François 1er », « Transvaal », « les Origans » (1895), « Théo-Kate » (1893), « les Turquoises ». Cette dernière construite en 1896, a hébergé le consulat du Venezuela et du Nicaragua en 1914. Les deux hôtels, Magenta et Pyrénées sont désormais transformés en appartements. Et, la première villa à l’angle du quai d’Allier et de la rue Stucki, construite, en 1934, par l’architecte Pierre Lefort, fut la résidence de l’amiral Darlan.

 

Influence architecturale

à l'Anglaise

Vichy n’a pas échappé à l’influence romantique anglaise en vogue lorsqu’un décret impérial signé par Eugène Rouher, vice empereur, « ordonne » l’aménagement des parcs d’Allier en 1856. Le parc Napoléon III, qui est le plus ancien, a été aménagé en 1861 sur l’emplacement d’un bras secondaire asséché de la rivière grâce à la construction d’une digue. Les travaux dirigés par l’ingénieur Jean-François Radoult de la Fosse ont nécessité 250 000 m3 de remblais issus de l’Allier. La conception paysagère confiée à un horticulteur moulinois, Joseph  Marie se compose de plantations autochtones (peupliers, frênes, marronniers, tilleuls…) et exotiques (catalpas, arbres de Judée…), de massifs floraux et d’immenses pelouses accessibles aux promeneurs.

Un espace à l'atmosphère

romantique

dans la même veine que ceux des grands parcs parisiens (Buttes Chaumont, parc Montsouris, etc.), se niche dans cette partie nord du parc avec ses bassins à jets d’eaux et ses oiseaux d’ornements. Des cartes postales de 1902 illustrés de flamants roses témoignent déjà de l’intérêt touristique du site. Entre 1934 et 1936, les pièces d’eau ont été agrandies et leurs abords élargis, agrémentés d’îlots arborés et de rocailles. Un ponton a été crée entre les deux. Le petit bassin, aujourd’hui bordé d’une bambouseraie, se retrouve peuplé de poissons rouges et de carpes apportés par des quidams. En hiver, les bassins des parcs Napoléon III sont prisés par les canards sauvages qui se régalent de la pitance abondante fournie par les promeneurs.

l'écrin vert

« Le parc a une valeur d’arboretum avec des arbres rares,  remarque Dominique Scherrer, directeur des espaces verts à la Ville de Vichy. Parmi plus de 800 arbres, on trouve une grande diversité d’espèces: cèdres, séquoias, chicots du Canada, érables, arbres caramel. Ils sont appelés ainsi, car à l’automne, leurs feuilles sentent le caramel. L’un d’entre eux borde le grand bassin. » A la création du parc, l’allée centrale n’existait pas, c’était une rivière artificielle  alimentée par deux pompes à vapeur qui prélevaient l’eau de l’Allier. « Elle fut supprimée en 1867, à la demande du maire de Vichy qui s’était plaint de ses inconvénients sur le plan de l’hygiène et des moustiques. Mais le bassin aux cygnes a subsisté. »